Raoul Volfoni

Le budget d’Avatar est de 500M$

BlogBang

02144800-photo-james-cameron-s-avatar

Aujourd’hui, c’est lundi et nous allons parler un peu d’argent. Pour bien comprendre la mécanique de rentabilité d’un film, nous allons décortiquer le budget du dernier James Cameron, Avatar.

Les attentes en terme d’images extraordinaires et de révolution visuelle ne sont rien comparées à celles des producteurs en terme de nombre d’entrées. Avec un budget tout compris atteignant presque les 500 M$, on peu aisément comprendre leur légère appréhension à quelques semaines de la sortie du film.

Quels sont les budgets ?

C’est finalement la question que tout le monde se pose. A tel point que le New York Times en a fait un article hier (à lire ici) qui, loin d’être alarmiste, pose quand même quelques questions intéressantes.

Avatar serait donc le film le plus cher de l’histoire du cinéma (production + merchandising). En fait, il n’arrive qu’en 2ième position si on récapitule dans le temps en corrigeant de l’inflation le coût des longs métrages passés. Le premier au box office du budget est Guerre et Paix, produit en 1968 et dont le budget corrigé est de 700 M$ !

Liste des films les plus chers (inflation non corrigée)
Titre ? Année ? Coûts de production ?
Avatar 2009 $315,000,000
Pirates des Caraïbes 3 : Jusqu’au bout du monde 2007 $300,000,000
Superman Returns 2006 $293,000,000
Spider-Man 3 2007 $272,200,000
Pirates des Caraïbes – Le secret du coffre maudit 2006 $244,100,000
Quantum of Solace 2008 $230,000,000
X-Men 3, l’affrontement final 2006 $210,000,000
King Kong 2005 $207,000,000
Harry Potter et le Prince de sang-mêlé (film) 2009 $200,000,000
Titanic 1997 $200,000,000
Spider-Man 2 2004 $200,000,000
2012 2009 $200,000,000
Le Monde de Narnia 2 : Le Prince Caspian 2008 $200,000,000
Transformers 2 2009 $200,000,000

J’avoue être un peu surpris en écrivant de telles sommes alors que les médias nous expliquent à longueur de temps que nous sommes en temps de crise et qu’il faut se serrer la ceinture. Comment peut-on investir de tels moyens dans une chose aussi éphémère qu’un film … tout simplement car nous parlons de business, de retour sur investissement, de capitalisation.

De nombreux film ont, à travers le temps, pris ce qu’on appelle communément un gros bouillon financier : Waterworld par exemple qui, comme son nom l’indique, à fait perdre énormément d’argent à ses producteurs; au point de mettre en péril la pérennité de certains. Plus récemment, nous avons l’exemple de Terminator Salvation qui a été un bide total (et mérité) au point d’orienter la franchise vers une cession.

Donc, si nous parlons de business, nous parlons de rentabilité et d’investisseurs. Et c’est là que le cinéma a grandement évolué ces dernières années. Il est aujourd’hui très rare qu’un studio supporte seul le coût de production d’un film. Les budgets sont répartis sur un pôle d’investisseurs afin de mutualiser les risques et de bénéficier de plus de moyens. Les films coûtent de plus en plus chers et, la course aux effets spéciaux, au casting improbable, aux équipes techniques de pointe reviennent très chers. Sans compter le temps de pré-production qui s’allonge au fil des ans. Les films sont devenus de vraies multinationales (avec Conseils d’administration et Assemblées générales); il s’agit d’un investissement et rien d’autre.

Avatar, un film rentable ?

Les experts ont calculés que, pour que Avatar soit rentable, il faut que les entrées sur le marché américain cumulent 250 M$ de recettes. Ceci est le niveau à partir duquel, par effet de levier, le film ne perd pas d’argent. L’effet de levier consiste à dire que, après un certain niveau d’entrées atteint sur le marché domestique, le film se vend ensuite de façon exponentielle à l’étranger et permet d’enclencher des ventes substantielles de supports 5DVD, Blu-ray, VOD …) et de produits dérivés.

L’année dernière, seuls 4 films ont passé ce cap des 250 M$ de recettes aux US, dont Star Treck. C’est peu mais largement suffisant pour dire que c’est atteignable par un blockbuster comme Avatar. Il faut se rappeler que nous parlons là de James Cameron et donc de Titanic, le film au plus grand nombre d’entrées jamais réalisées. Titanic a coûté environ 300 M$ tout compris et en a rapporté 2 milliards de $ en tout !

Forcément, quand un tel réalisateur demande un gros budget, les investisseurs ont tendance à le lui accorder. En fait, pour la petite histoire, la Fox qui avait donné son accord a fait volte-face au beau milieu de la pré-production pour revenir en arrière quelques temps après. De tels budgets font donc gamberger même les plus aguerris des producteurs.

A titre de comparaison, voici un petit tableau (source Wikipédia, donc à prendre avec des pincettes : par exemple Titanic a rapporté en fait 1,8 milliards et non 2,2 comme inscrit) des rentabilités :

Rang ? Titre original du film ? Recettes
(en USD) ?
1 Autant en emporte le vent (1939)* 2 699 710 936*
2 Star Wars : épisode IV – Un nouvel espoir (1977)* 2 591 057 697*
3 Blanche-Neige et les Sept Nains (1937)* 2 425 862 786*
4 Titanic (1997) 2 245 078 983
5 Jurassic Park (1993) 1 236 257 268
6 Bambi (1942)* 1 191 311 757*
7 Le Seigneur des anneaux : Le Retour du roi (2003) 1 187 603 356
8 Harry Potter à l’école des sorciers (Harry Potter and the Sorcerer’s Stone aux États-Unis) (2001) 1 077 433 191
9 Star Wars : épisode I – La Menace fantôme (1999) 1 054 205 059
10 Le Roi lion (1994)* 1 032 957 482*
11 Independence Day (1996) 1 016 915 857
12 Le Seigneur des anneaux : Les Deux Tours (2002) 1 005 580 484

Et les autres ?

La bonne nouvelle est la très nette reprise du marché du cinéma en salle. Longtemps mis à mal par le téléchargement pirate, le nombre d’entrées progresse à nouveau depuis 3 ans. Pour preuve, l’énorme carton que vient de réaliser Christmas Carol (Le Noël de Mr Scrooge) aux US ce week-end : 31 M$ de recettes en 2 jours …. qui dit mieux pour un film qui en a couté 200 à faire.

Et que dire de Paranormal Activity qui a rapporté jusqu’à présent, sur le marché américain uniquement, 40 M$ pour un budget de production de 15.000 $. En terme de rentabilité, c’est mieux que le Loto.

En résumé, vous l’aurez compris, je ne suis pas très inquiet quant à la rentabilité future d’Avatar pour les raisons suivantes :

  • James Cameron à la baguette : ça ne peux donc qu’être un bon film
  • Des effets spéciaux jamais vus
  • Un scénario inspiré de Pocahontas, donc déjà largement éprouvé
  • Le premier film de Cameron depuis 10 ans donc énormément d’attentes des spectateurs = à minima l’effet de curiosité

De plus, la date de sortie (en fin d’année) est très judicieuse puisque nous entrons dans les meilleurs mois en terme de fréquentation.

Et, de toutes façons, James Cameron a déclaré dans Première qu’en cas d’échec, il se tirait une balle … par compassion et pour éviter un drame, allons donc tous voir Avatar.

avatar_120x160:Mise en page 1

Popularity: 39% [?]

Vous aimez, partagez:
  • Envoyer cet article par Email !
  • Facebook
  • LinkedIn
  • MySpace
  • Wikio FR
  • Yahoo! Buzz
  • Scoopeo
  • Twitter
  • Drigg-France
  • Viadeo
  • VisitezMonSite
  • Jamespot (fr)
  • MisterWong Fr
  • Netvibes
  • Technorati

3 Comments

    Bonjour,
    Super article, je me permets de le mettre en lien sur mon blog puisqu’un lecteur m’a justement interrogé sur la rentabilité d’Avatar.
    A très bientôt,

    Letosage

  • Merci pour cet article intéressant. Par contre, j'apporte une légère correction : Titanic a rapporté en effet 1.8 milliard, mais les chiffres mentionnés dans ce tableau sont en dollars ajustés, et donc 1.8 milliard de 1998 correspondent grosso modo à 2.2 milliards de dollars actuels (parce que bien sûr en 1939 "Autant en emporte le vent" n'a pas rapporté 2.7 milliards !! mais ce sont des dollars actuels)

  • Merci Fox pour ce correctif

Leave a Reply




Paperblog Dofollow